C- Musique et émotion

1-Musique et cerveau

   Le son est, comme nous venons de la voir dans la partie précédente, dans un premier temps traité par les structures de l’oreille et le système auditif. Après tout cela, il est traité par différentes parties du cerveau. Ces parties sont  notamment liées au mouvement, à la mémoire, mais surtout aux émotions. De plus, certaines parties du cerveau seraient spécifiques à la musique.  

 

   L’action de la musique touche le système limbique où se trouve le clavier de nos émotions. Le rythme, la tonalité et l’intensité des sons stimulent ainsi nos réactions émotives et nous apportent un bien-être favorisant le calme, l’équilibre et l’évolution vers une amélioration de notre état physique et psychologique, lorsque cela est nécessaire et possible.

 

   Les chercheurs ont aussi mis en évidence des transformations physiques du cerveau selon les individus. Ainsi, le cerveau des musiciens présente des zones plus épaisses comme le cortex cérébral, le cortex frontal et le corps calleux. Les musiciens ont aussi une meilleure audition.

 

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             2-Musique et émotions


   Le pouvoir émotionnel de la musique, dont sont responsables les structures cérébrales participant aux émotions (tels que l’amygdale cérébrale ou le cortex orbitofrontal), est en grande partie responsable de l’effet thérapeutique ou non d’une musique.


 
   Des études réalisées récemment ont prouvé qu’une audition musicale peut déterminer un changement de l’état affectif existant ou encore le renforcer. Cependant, les réponses affectives à une œuvre musicale sont dues à plusieurs facteurs : le tempérament de l’individu, son éducation, le contexte socioculturel, et bien entendu le choix de l’œuvre et son interprétation. De ce fait, le niveau d’intensité des réactions émotionnelles lors de l’écoute musicale varie avec les individus et se montre révélateur : une réaction toujours identique, quel que soit le genre d’œuvre proposé, est souvent signe d’une profonde angoisse, alors qu’un niveau d’intensité très élevé permet de déceler les cas pathologiques.

 

 

Cerveau


 
        • Tempo et rythme :
   Si le rôle physiologique du tempo en musicothérapie est prépondérant, son effet sur chaque patient reste ambigü. En effet, un tempo rapide peut exprimer la joie, mais aussi la passion ou l’angoisse. A l'inverse, un tempo lent peut exprimer le calme, ou encore la tristesse.

   D’autre part, la régularité du tempo ajoute une autre signification : elle peut produire un effet sécurisant ou à l’inverse obsédant. Quant à l’irrégularité d’un tempo, il engendre la plupart du temps un sentiment d’angoisse.

   Le rythme, inséparable du tempo, aussi bien que de la mélodie, est également très important dans le domaine thérapeutique. La répétition rythmique est ainsi fréquemment employée pour combattre l’angoisse. On l'utilise dans les musiques comme les berceuses ou les comptines. Elle peut apaiser des enfants, mais aussi des handicapés mentaux (comme les autistes).


          Intensité :
   Les recherches sur le rôle de l’intensité font apparaître une constante : à un niveau d’intensité très faible, beaucoup d’œuvres musicales ont un effet sécurisant ; à l’inverse, un niveau d’intensité élevé est souvent générateur de stress.


          • Structure musicale :
   Enfin, la structure musicale, dans la mesure où elle est perçue par l’auditeur, peut avoir sur lui une influence bénéfique. La répétition de thèmes, de motifs sonores, de rythmes peut donc être responsable de l’effet sécurisant d’une musique sur un patient et du plaisir qu’il éprouve à l’écouter. Mais de la même manière, la musique contemporaine, dont la structure peut être déroutante pour certains auditeurs, peut déclencher des réactions d’angoisse ou d’agressivité.
   Aucune définition de la musique ne peut omettre le fait que son objectif est de faire naitre des émotions chez ceux qui l’écoutent et d’être, par ce biais, une source de plaisir pour les auditeurs. Par leur caractère provoqué, relativement bref et fugace, les émotions se distinguent des sentiments et de l’humeur beaucoup plus durables. Elles se manifestent par des modifications physiologiques, expressives et mentales.

 

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Les musiques et leurs effets
Classique : la transparence et la clarté améliorent la concentration et la mémoire.
Romantique : c’est la musique la plus chargée émotionnellement car elle recouvre toute la gamme des sentiments, de la tristesse à la joie.
Jazz, blues : les multiples formes « classiques » du jazz peuvent évoquer, comme la musique romantique, toutes les émotions humaines, mais elles ont un impact plus tonifiant sur l’organisme.
Rock : certaines formes « classiques » du rock stimulent les passions, d’autres relâchent les tensions intérieures. C’est la musique dont les effets divergent le plus d’une personne à l’autre.
Metal, punk, grunge : ces musiques, généralement écoutées très fort, affectent directement le système nerveux en sollicitant de manière excessive les tympans et les nerfs auditifs. D’où des réactions physiologiques immédiates telles que l’augmentation des battements cardiaques, de la respiration, de la tension.
Techno : Plongé dans une ambiance techno, l’organisme est contraint de s’adapter à ce rythme, et ces fréquences modifient celles du cerveau. Ce qui provoque, à la longue, comme un « état de transe ». 

 

   Quelques exemples concrets d'émotion ressenti grâce à différents type de musique:

  • Cet exemple a été prouvé dans le passé et plus précisément lors de la Seconde Guerre Mondiale avec la propagande nazie. Les nazis, quand à eux, avaient compris que la musique avait un pouvoir sur nos émotions et notre état psychologique. Ils s'en sont donc servis à des fins de propagande (grâce à la radio mais aussi grâce aux films). Une histoire raconte qu'avant de lancer l'offensive de la Seconde Guerre Mondiale, un groupe d'assaut allemand aurait joué La Chevauchée des Walkyries célèbre œuvre de Richard Wagner. Or, cette musique au tempo rapide a un effet excitant ce qui explique son utilisation par des soldats avant d'entrer en guerre, elle a un effet excitant et euphorisant. Écoutez- la, vous le constaterez par vous-même :

 

  • Notre seconde musique provient du célébre film de Steven Spielberg : Les Dents de la Mer (1975). Cette musique a été choisie pour le film dans le but de créer, au préalable de l'attaque des requins, une tension chez le spectateur. En effet, le rythme de la musique qui au début est lent puis, s'accelère peu à peu nous fait comprendre qu'un événement tragique est sur le point d'arriver. Rien que par l'écoute de ces sons, le spectateur se met à avoir peur et cela nous montre le pouvoir de la musique sur les émotions. Un extrait est présent ci-dessous : 

 

 

 

 

 

  •    Un autre exemple tout simple, tous les bébés ce sont au moins une fois endormis grâce à une berceuse et grâce à son rythme relaxant.

 

 

   En conclusion, nous connaissons tous le plaisir que procure la musique, mais nous ne réalisons pas toujours que ses pouvoirs vont beaucoup plus loin que la simple  douceur frappant l’oreille. C’est une onde, une vibration, qui entre en résonance avec notre système nerveux et fait naître en nous des émotions, des réactions d’apaisement ou de stimulation. Elle modifie notre humeur. Il est notoire qu’elle aide à la relaxation et à la douceur de vivre.

 

 

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